Comment YouTube veut enfin mettre fin au scroll infini chez les enfants
Google déploie de nouveaux outils de contrôle parental pour limiter le visionnage compulsif des Shorts sur YouTube. Objectif assumé : redonner la main aux parents et freiner l’addiction au défilement sans fin chez les plus jeunes.
La question du temps d’écran chez les enfants n’est plus un simple sujet de discussion familiale : c’est devenu un enjeu de société. Face à l’explosion des formats courts et à leur capacité à capter l’attention sans relâche, Google annonce une nouvelle série de mesures destinées aux comptes adolescents supervisés sur YouTube.
Sur son blog officiel, la firme de Mountain View détaille une évolution majeure du contrôle parental : la possibilité, pour les parents, de limiter spécifiquement le temps passé sur les Shorts. Une réponse directe à l’un des formats les plus addictifs de la plateforme, souvent comparé à TikTok ou Instagram Reels.
Un plafonnement clair du temps de visionnage
Concrètement, les parents pourront définir une durée quotidienne maximale consacrée aux Shorts. Cette limite pourra être ajustée selon les moments de la journée, notamment durant les périodes dites de “concentration” (école, devoirs, heures calmes), où le compteur repartira à zéro.
Google évoque des plafonds allant jusqu’à une ou deux heures par jour, mais la logique reste la même : empêcher le défilement automatique sans fin, qui pousse les enfants à consommer des dizaines de vidéos sans même s’en rendre compte.
Une fois la limite atteinte, l’accès aux Shorts sera automatiquement bloqué jusqu’au lendemain, sans négociation possible avec l’algorithme.
Des rappels, des pauses… et moins d’excuses
Cette nouveauté vient compléter des outils déjà existants : rappels d’heure de coucher, notifications de pause, plages horaires de blocage total. L’idée n’est plus seulement de surveiller, mais d’instaurer de véritables garde-fous numériques, pensés pour s’adapter au quotidien des familles.
Google insiste sur un point : ces paramètres restent entièrement configurables par les parents, via l’application Family Link. Autrement dit, la plateforme ne décide pas à leur place, mais leur donne enfin des leviers concrets.
Un contexte politique de plus en plus tendu
Cette annonce intervient dans un climat particulièrement sensible, notamment en France. Les réseaux sociaux et leur influence sur les mineurs sont au cœur de débats politiques majeurs. Emmanuel Macron a récemment évoqué l’idée d’une interdiction pure et simple des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, une proposition qui divise autant qu’elle interroge sur sa faisabilité réelle.
Dans ce contexte, Google semble vouloir montrer qu’une autorégulation est possible, sans passer par des mesures radicales. Reste à savoir si ces outils suffiront à apaiser les inquiétudes des pouvoirs publics… et à réellement modifier les usages des plus jeunes.
Vers la fin du scroll infini ?
Si ces nouvelles fonctionnalités ne signent pas la mort du format court, elles marquent un tournant : pour la première fois, le scroll infini n’est plus totalement incontrôlable chez les mineurs. Une petite révolution silencieuse, qui pourrait bien inspirer d’autres plateformes à suivre le mouvement.